Berlin, du 22 au 25 septembre. Quatre jours, 42 halls, 200 000 m² et une certitude qui se confirme à chaque édition : InnoTrans est le meilleur poste d’observation qui soit pour prendre le pouls d’une industrie en pleine transformation. Présente sur le salon pour cette quinzième édition, l’équipe NoMAD vous livre ses impressions et les tendances qui ont dominé les allées de la Messe Berlin.
Des chiffres records, un secteur en mouvement
La 15e édition d’InnoTrans a accueilli environ 175 000 visiteurs professionnels venus de plus de 120 pays, ainsi que 3 190 exposants issus de 59 pays, dont 750 participants pour la première fois. Près de 180 premières mondiales ont été présentées, avec quelque 200 exposants supplémentaires par rapport à l’édition 2024. Un signal fort : le secteur ferroviaire attire de nouveaux entrants, notamment du monde numérique et de l’intelligence artificielle.
L’IA s’installe durablement dans le ferroviaire
C’est sans doute la tendance la plus marquante de cette édition. L’AI Mobility Lab a accueilli 47 exposants, dont 28 participaient pour la première fois à InnoTrans, avec des démonstrations d’outils d’inspection autonome des voies, de systèmes d’assistance par IA et de technologies d’exploitation automatisée des trains. Cette convergence entre ingénierie ferroviaire traditionnelle et intelligence artificielle redéfinit les métiers de la maintenance, de la signalisation et de l’exploitation. Siemens Mobility a résumé cette dynamique en une formule directe : « Rien ne transforme le ferroviaire plus vite que les données et l’IA. » C’est dans ce contexte que nos formations Signalisation & Contrôle-commande prennent tout leur sens, en couvrant les systèmes numériques qui sous-tendent ces nouvelles architectures.
Le Vectron X : quand la locomotive devient logicielle
L’une des annonces les plus remarquées était celle de Siemens Mobility, qui a présenté le Vectron X — une plateforme locomotive dite « software-defined », qui étend pour la première fois le portefeuille Siemens Xcelerator jusqu’au matériel roulant lui-même. Concrètement, cela signifie qu’une locomotive peut être mise à jour, reconfigurée et optimisée par des interventions logicielles, à l’image de ce que l’industrie automobile a engagé avec les véhicules connectés. Une rupture conceptuelle majeure pour les ingénieurs qui conçoivent et maintiennent le matériel roulant — des enjeux que notre formation Matériel roulant ferroviaire et transport urbain intègre dans sa réflexion sur les architectures de systèmes embarqués.
Propulsion alternative : hydrogène, batterie et trains de nuit
Les voies extérieures du salon InnoTrans ont accueilli 113 véhicules issus de 17 pays, parmi lesquels la locomotive hybride de CRRC et le train à hydrogène à voie étroite de Stadler.
Les nouvelles solutions de traction, comme les trains à batterie et à l’hydrogène, contribuent à la recherche d’alternatives énergétiques pour les lignes non électrifiées. Cependant, aucune technologie ne constitue une réponse universelle. Le choix dépend des caractéristiques des lignes, des conditions d’exploitation, des infrastructures disponibles et du coût global sur le cycle de vie. La transition énergétique nécessite donc une approche globale, intégrant le matériel roulant, l’infrastructure, l’exploitation et la maintenance
Une autre tendance a retenu l’attention : la renaissance des trains de nuit, avec plusieurs constructeurs présentant leurs visions du voyage nocturne confortable du futur. Ces nouvelles formes de propulsion et d’exploitation soulèvent des questions nouvelles en matière de sécurité et d’homologation que nos formations Sécurité du transport ferroviaire et urbain et Fondamentaux du transport ferroviaire et urbain permettent d’aborder avec rigueur.
Ce que NoMAD retient
Au-delà des stands et des démonstrations, InnoTrans est avant tout un lieu de dialogue. Les conversations que nous y avons eues confirment une réalité que nos formations et nos expertises reflètent depuis plusieurs années : la montée en compétence des professionnels du ferroviaire sur les sujets numériques, énergétiques et de sécurité système n’est plus une option, c’est une nécessité.
Le ferroviaire de demain sera technologique, mais sa réussite dépendra aussi des femmes et des hommes capables de comprendre, d’intégrer et de maîtriser ces évolutions.
Rendez-vous à l’édition 2028 — et d’ici là, continuons à construire ensemble les compétences de demain.

Crédit photo : Le train à hydrogène à voie étroite de Stadler destiné au réseau ferroviaire de Sardaigne, Ada09 / Wikimedia Commons — CC0 1.0.

